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Antonio Fiori : Une Union de l’énergie au-delà des Pyrénées

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On en décide suivant ses inclinations personnelles. Il y a des actions qui ont été jugées à la fois honnêtes et déshonorantes. Quelquefois la nature n’attend pas que l’homme la tourmente ; un végétal, un arbuste, est une collection d’individus. Il est trop vrai que nos races artificielles n’ont pas grande stabilité : placées loin de leur berceau, elles se déforment et se dégradent rapidement. Si la culture, écrit Lindley, abandonnait quelques années seulement ses soins artificiels, toutes les variétés annuelles de nos jardins disparaîtraient, et seraient remplacées par quelques formes typiques sauvages. Mais si au contraire la distribution symétrique dont nous parlons n’a nullement lieu, on sera certain, pourvu qu’on opère sur des nombres suffisamment grands, que les chances des erreurs en un sens l’emportent sur celles des erreurs en sens contraire ; que, par exemple, une cause constante favorise les erreurs en plus ; et dès lors il deviendra, sinon rigoureusement impossible, du moins excessivement peu probable, que la moyenne trouvée ne diffère pas sensiblement de la vraie valeur. Sous cette forme condensée, notre vie psychologique antérieure existe même plus pour nous que le monde externe, dont nous ne percevons jamais qu’une très petite partie, alors qu’au contraire nous utilisons la totalité de notre expérience vécue. Sans doute, mais est-on certain que toutes ces formes sauvages auraient eu leurs identiques dans le passé ? Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « L’âme n’a pas de secret que la conduite ne révèle ». La reproduction des traits propres aux ascendans directs témoigne seulement de la continuité des phénomènes organiques : l’atavisme trahit une obstination latente qui relie la suite des générations. Des usines plus efficaces, plus productives, à la compétitivité renforcée, où le diktat du coût du travail sera moins prégnant, mais surtout une totale refondation de la relation client reposant sur une meilleure connaissance des profils et des habitudes de consommation vont donc voir le jour. Il est vrai que nous la possédons ainsi en abrégé seulement, et que nos anciennes perceptions, considérées comme des individualités distinctes, nous font l’effet ou d’avoir totalement disparu ou de ne reparaître qu’au gré de leur fantaisie. Parmi les descendans d’Henri IV, il s’en retrouvera un après trois siècles qui sera comme le portrait du Béarnais. Bien plus : admettons un instant que le passé se survive à l’état de souvenir emmagasiné dans le cerveau. On a vu cependant des croisemens entre le chien et le loup, le cheval et le zèbre, le couagga et la jument, et, dans la captivité des ménageries, entre le chacal de l’Inde et celui du Sénégal, le daw et le zèbre, la tigresse et le lion. L’illusion fondamentale consiste à transporter à la durée même, en voie d’écoulement, la forme des coupes instantanées que nous y pratiquons. Autrefois on considérait tous les croisemens entre espèces comme frappés de stérilité. Le refus d’un duel a souvent été dans ce cas. Les grands écrivains auxquels le monde doit ce qu’il possède de liberté religieuse, ont revendiqué la liberté de conscience comme un droit inaliénable, et ils ont nié absolument qu’un être humain dût compte aux autres de sa croyance religieuse. Mais comment le passé, qui, par hypothèse, a cessé d’être, pourrait-il par lui-même se conserver ? Sur trente-huit hybrides d’espèces qu’il a obtenus et décrits avec grand soin, neuf seulement se sont montrés revêches.

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